Accélérez vos programmes d’intrapreneuriat grâce aux plateformes collaboratives


Véronique Bouchard, fondatrice de l’institut de l’intrapreneuriat en est convaincue : « L’intrapreneuriat n’est pas une mode »[1]. Le succès grandissant de ces démarches découle de leurs nombreux bénéfices pour l’entreprise. Fort levier d’innovation, créateur de valeur business par l’amélioration des outils existants ou la création de nouveaux produits/services, l’intrapreneuriat comporte également de nombreux bénéfices RH tant pour les collaborateurs eux-mêmes que pour la transformation organisationnelle et culturelle de l’entreprise[2].

Mettre en œuvre un programme d’intrapreneuriat ne s’improvise pas. « Mal conduite, la démarche intrapreneuriale est vouée à l’échec avec des effets négatifs sur l’organisation et les équipes impliquées »[3]. En parallèle des programmes, des plateformes collaboratives émergent et s’érigent en partenaires privilégiés des démarches intrapreneuriales, pour aider à concrétiser les projets. Tiennent-elles leurs promesses ?

Véritable guide pratique à destination des responsables d’un programme d’intrapreneuriat, cet article analyse la pertinence de l’utilisation d’une plateforme digitale collaborative dans le cadre d’une démarche d’intrapreneuriat.

Méthodologie :

Cet article s’appuie sur les travaux de recherche de l’Institut de l’Intrapreneuriat, et de l’expérience de l’éditeur de plateforme SaaS d’innovation collaborative : Yumana. Nous avons privilégié la méthode « Lean » de l’Institut, c’est-à-dire que nous sommes partis d’expériences de terrain, de l’analyse et de la comparaison de cas d’usage, pour en tirer des conclusions pratiques. Nous avons également construit cet article autour de tableaux qui nous l’espérons vous seront utiles dans votre réflexion ou votre démarche. 

Les contributeurs :

Institut de l’intrapreneuriat : Fondé en 2020 et dirigé par Véronique Bouchard, l’Institut de l’intrapreneuriat a pour vocation d’accompagner les entreprises dans leur démarche intrapreneuriale. Professionnaliser l’intrapreneuriat, développer un réseau d’expertise et d’excellence et accélérer l’apprentissage en diffusant les savoirs autour de la notion sont les trois piliers de l’Institut. Visiter le site web : https://institut-intrapreneuriat.em-lyon.com/

Yumana : Yumana est un acteur sur le marché des plateformes en SaaS dédiées à l’innovation collaborative et l’intrapreneuriat.  L’entreprise propose une solution clé en main pour faire des collaborateurs de véritables acteurs des démarches d’innovation, et accompagne plus de quarante clients dans la mise en œuvre de challenges d’innovation et bonnes pratiques, de démarches d’innovation collaborative et de programmes d’intrapreneuriat.

Une richesse fonctionnelle comme solution au double challenge des entreprises

« Quand on a fini de changer, on a fini de vivre. » A l’instar de la formule de Benjamin Franklin, la transformation de l’entreprise et son renouvellement est la condition de sa survie. L’innovation est une obligation. Les entreprises doivent répondre à deux challenges fondamentaux. Elles possèdent d’une part un impératif de performance économique, mais visent également un objectif de transformation interne. En effet pour que performance économique il y ait, les collaborateurs doivent être engagés, les méthodes de travail doivent devenir plus agiles, intégrer les pratiques du digital, etc. Les plateformes collaboratives d’innovation, véritables supports des démarches d’innovation, peuvent être de formidables leviers pour soutenir ce double objectif de transformation interne et d’innovation business.  

A partir des quatres grands bénéfices de l’intrapreuneuriat identifiés par Véronique Bouchard, professeur à l’emLyon, fondatrice de l’Institut de l’intrapreneuriat et experte sur la question, et Lola Virolle, Co-Directrice de l’incubateur & Directrice des programme d’Intrapreneuriat et Open Innovation à makesense, nous avons identifié et classé les principales fonctionnalités des plateformes collaboratives (liste non exhaustive).

Les fonctionnalités principales des plateformes collaboratives à la lumière des quatre objectifs des programmes d’intrapreneuriat.

Les plateformes collaboratives, catalyseurs de transformations organisationnelles et culturelles

Comme le dit Ofer Attali, cofondateur et CTO de Yumana, « Il n’y a que par la pratique que l’on change les méthodes de travail ou une culture d’entreprise ». L’outil digital, par la matérialisation d’un workflow agile, simplifie les méthodes de travail, et concrétise la démarche intrapreneuriale, tout en offrant aux collaborateurs une expérience fluide. Les fonctionnalités liées au travail d’équipe (recruter des co-équipiers en interne grâce au matchmaking, exprimer son intérêt pour rejoindre une équipe projet, etc) favorisent la création d’une vraie communauté autour du programme. Les plateformes collaboratives se synchronisent avec les outils externes de planning ou de gestion de projets comme Teams ou Asana par exemple, facilitant ce travail collaboratif. L’accompagnement des intrapreneurs est également facilité par la mise en œuvre de fonctionnalités d’analyse de la valeur du projet (possibilité d’auto-évaluation du projet, d’évaluation par une sélection d’experts ou par la communauté…). Dans un objectif d’apprentissage, la plateforme permet également aux membres de l’équipe projet de compléter un Business Model Canvas par exemple, et au gestionnaire du programme de mettre en avant du contenu pédagogique, inspirationnel et des actualités sur la plateforme.

L’outil numérique, pour promouvoir l’engagement collaborateur

Bien que l’engagement des collaborateurs ne tienne pas directement et entièrement aux fonctionnalités des plateformes collaboratives, mais plutôt à des facteurs en amont de l’utilisation de l’outil (nature du programme, culture d’entreprise et plan de communication), ces dernières facilitent largement l’adoption de comportements collaboratifs. Céline Degreef, Cofondatrice et CEO de Yumana,  l’affirme : « Sans outils d’engagement ou de participation individualisés, difficile d’engager les collaborateurs de manière vraiment efficace ». Les plateformes collaboratives comme Yumana sont dotées des fonctionnalités collaboratives de base (likes, commentaires, partages), et les responsables de programmes peuvent générer quizz, sondages et newsletters pour augmenter le trafic sur la plateforme. Enfin, utiliser les leviers de la gamification permet de valoriser l’activité sur la plateforme, la participation, et ainsi de garder les utilisateurs actifs et engagés.

L’utilisation d’une plateforme collaborative au service de la performance économique

Les plateformes numériques sont accélératrices d’innovation, au service d’objectifs orientés business. Par la constitution d’un workflow agile, les différentes étapes du programme d’intrapreneuriat sont matérialisées simplement sur la plateforme. Les démarches d’intrapreneuriat sont accélérées, et l’on raccourcit le « time to market ». La possibilité d’analyser la valeur de son projet et d’intégrer des outils externes de planning, de suivi budgétaires etc, permet d’améliorer et de consolider le projet. Les fonctionnalités liées à la constitution d’équipes pluridisciplinaires et complémentaires permettent de mieux utiliser les actifs intangibles de l’entreprise, tout comme la présence d’un tableau de bord de KPIs pour piloter le programme simplement et finement.

Construire un programme d’intrapreneuriat ne s’improvise pas. Bon nombre d’écueils sont à éviter, et nous avons référencé dans le tableau ci-dessous certains leviers permettant de faire de votre programme une réussite. L’outil digital permet alors d’activer ces leviers, à travers différentes fonctionnalités.

La richesse fonctionnelle des plateformes collaboratives à la lumière des sept leviers de mise en oeuvre des programmes d’intrapreneuriat

Pour que les plateformes collaboratives contribuent au succès des démarches d’intrapreneuriat, et à la réussite des projets portés par les intrapreneurs, un certain nombre de conditions doivent être remplies au préalable. En effet, l’expérience montre que de nombreuses plateformes collaboratives sont utilisées à mauvais escient, ou arrêtées, car certaines conditions ne sont pas remplies.

 Ce que vous devez savoir avant de vous munir d’une plateforme collaborative 

Lancer une démarche d’intrapreneuriat ne s’improvise pas. Inspirons-nous des cas d’échecs des plateformes pour dégager les prérequis fondamentaux.

La plateforme est arrêtée

Changement de stratégie de l’entreprise, évènement majeur, manque de ressource, retour sur investissement du programme trop faible pour justifier de l’utilisation d’une plateforme… Ces exemples sont des causes d’arrêt de plateforme et de programme. Afin d’éviter ce cas de figure au maximum, les objectifs d’un programme d’intrapreneuriat doivent être clairement définis en amont, le top management doit se porter sponsor du programme et un budget bien défini doit soutenir le programme sur toute sa durée (de l’idéation à la sortie du projet).

La plateforme est mal utilisée

Une plateforme collaborative n’est pertinente que dans le cas où elle est utilisée pour ce qu’elle est : c’est-à-dire un outil au service de l’émergence de solutions concrètes. Cela peut sembler évident, mais encore trop de plateformes ne sont que de simples vitrines de projets, des « coquilles vides ». Il est très important de laisser la plateforme « vivre », et les utilisateurs de celle-ci collaborer. Nous remarquons trop souvent des entreprises ayant le réflexe de cadenasser leur programme, le verrouiller à cause d’un besoin exacerbé de contrôle. Enfin, il s’agit de ne pas être trop gourmand dans l’activation des fonctionnalités disponibles sur la plateforme d’intrapreneuriat. En effet la gourmandise reste un défaut, et si la plateforme est trop complexe au démarrage par rapport au niveau de maturité de l’entreprise sur le sujet, elle perdra de son efficacité, et sera mal utilisée. Il s’agit de garder une approche évolutive, où l’on commence avec certaines fonctionnalités pour faire évoluer la plateforme en fonction de la maturité intrapreneuriale de l’entreprise

La plateforme est sous-utilisée

La plateforme collaborative est un outil puissant, encore faut-il faire en sorte qu’il soit utilisé. Mettre en place des récompenses individuelles (bonus, promotions internes, stock-options…) permet d’incentiver les collaborateurs. Bien souvent, la plateforme est sous-utilisée par manque de communication autour du programme, par un déficit d’engagement de la part des collaborateurs, ou par une méconnaissance de l’outil. Une communication dédiée et de la formation pour apprendre à se servir de l’outil parait incontournable. Enfin, il s’agit de diffuser une culture digitale dans l’entreprise, et une culture d’entreprise permettant le droit à l’erreur. En effet, dans le cas contraire, les collaborateurs peuvent avoir peur de s’exprimer sur la plateforme, de déposer des idées, et donc ne pas utiliser la plateforme. A noter que pour éviter cette situation l’anonymat peut être activé. Les utilisateurs peuvent ainsi déposer leurs idées sans voir leurs noms associés à l’idée.

Les éditeurs de logiciels ne peuvent être de simples livreurs de solutions clé en main. Bien que les solutions digitales soient de plus en plus paramétrables, personnalisables, et sur-mesure, il s’agit d’accompagner les entreprises pour que les outils soient pleinement utilisés. Les éditeurs de plateformes digitales comme Yumana ont fait évoluer leurs offres pour proposer également des prestations de conseil et un accompagnement très personnalisé. En amont, pour préparer les collaborateurs à utiliser l’outil, à les former aux techniques et méthodes de l’intrapreneuriat, mais aussi en aval, afin de les aider à correctement communiquer sur les programmes et ainsi générer du trafic sur l’outil numérique.

Pourquoi et comment choisir une plateforme digitale ?

En fonction des types de dispositif, des étapes du programme, de leur orientation et du contexte organisationnel de l’entreprise, l’importance d’une plateforme collaborative et ses critères de choix principaux vont différer.

Les atouts d’une plateforme collaborative

Entièrement paramétrables, intégrant des modules activables en quelques clics de façon autonome par le gestionnaire du programme, les plateformes collaboratives sont de plus en plus coconstruites avec les clients. Chez Yumana, nous accordons une importance à l’accompagnement client, et nous sommes particulièrement à l’écoute de ses besoins. Généralement multi-instance et multilingue, les plateformes collaboratives permettent d’industrialiser la démarche au sein d’un Grand Groupe, à l’international. Particulièrement utile lorsqu’il s’agit de déployer une démarche sur un vaste périmètre, les outils numériques centralisent le programme, les gestionnaires de la plateforme ayant un regard à 360° sur la démarche et ses KPIs. La richesse fonctionnelle de l’outil permet d’activer les 7 leviers de mise en œuvre de l’intrapreneuriat identifiés par Véronique Bouchard (voir tableau annexe 3)

Les critères de choix importants

Selon les types de dispositifs tout d’abord, les critères de sélection ne seront pas les mêmes. Pour une séance d’idéation par exemple, posséder une plateforme collaborative s’avère très utile voire essentiel notamment dans le cas où il y a une forte participation et donc un nombre important de projets. Transparence du dispositif, facilité d’usage, la plateforme collaborative est presque nécessaire.

D’un contexte organisationnel à un autre, les critères de sélection d’une plateforme sont différents. Dans un contexte dévitalisé, il s’agit d’accélérer l’engagement. La plateforme devra être simple d’utilisation, engageante (fonctionnalités liées à l’engagement vues plus haut), et des récompenses devraient être prévues pour les intrapreneurs. Dans un contexte rigide, où les processus et circuits en place ne permettent pas de saisir les opportunités en raison de leur lenteur et de leur complexité, les plateformes doivent aider à réduire le time to market. En cela, le critère de sélection d’une plateforme numérique sera la simplicité d’utilisation et le pilotage de la plateforme pour fluidifier les démarches et les optimiser simplement. Autre exemple, lorsque l’entreprise fait face à une transformation majeure de son environnement concurrentiel, technologique, ou reglementaire  (contexte « disrupté »). L’objectif du programme d’intrapreneuriat est alors de transformer la culture de l’entreprise et d’apréhender la nouveauté, et le critère essentiel de sélection de la plateforme sera alors la structuration d’espaces d’autonomie pour les participants, et la multiplication de liens avec les écosystèmes pertinents.

Selon les étapes du programme (idéation – maturation – accélération), le premier critère de choix d’une plateforme collaborative restera la richesse fonctionnelle de l’outil, et ses capacités d’accompagnement du collaborateur du pilote de la plateforme pour passer d’une étape à une autre. En ce qui concerne la maturation et l’accélération, les gestionnaires de programmes doivent être particulièrement vigilants à l’accompagnement des projets. Nous pouvons mettre en avant certaines fonctionnalités clés comme le fait de pouvoir renseigner des documents ou vidéos, connecter d’autres outils numériques de gestion de projets, de planning, ou suivi budgétaire, ou encore la possibilité de générer des templates pour aider à la réalisation d’un business plan, etc.


En matière d’innovation collaborative – et l’intrapreneuriat ne déroge pas à la règle – le « one size fits all » n’est pas une doctrine efficace. Même s’il existe des critères normalisés, des cas d’usages types et des objectifs communs aux démarches, chaque approche se doit d’être personnalisée.

Les éditeurs de logiciels tendent à coconstruire avec leurs clients les contours de leurs programmes d’intrapreneuriat. En effet, ils connaissent la réalité du terrain ainsi que l’outil numérique, et possèdent ainsi des retours d’expérience très intéressants pour l’entreprise. L’éditeur de logiciel devient aujourd’hui la passerelle parfaite entre l’outil et le besoin de l’entreprise. Nous sommes entrés dans l’ère du « custom », et les programmes comme les plateformes deviennent sur-mesure. Il s’agit de permettre à l’entreprise de customiser l’interface à sa main, selon son contexte, son besoin, son objectif.

Rappelons-nous d’une chose, la technologie est au service de l’humain et non une fin en soi. Les plateformes sont donc, par essence, des outils évolutifs qui profitent du feedback des utilisateurs pour améliorer constamment l’expérience utilisateur et l’interface de manière itérative.

[1] https://medium.com/makerstories/lintrapreneuriat-n-est-pas-une-mode-a572b732e894
[2] Responsable de l’intrapreneuriat, un métier en construction, p.6 : Juin 2020, Véronique Bouchard et Sylvie Gomes
[3] https://www.em-lyon.com/en/actualite-ecole-de-commerce/Folder/communiques-sur-l-ecole-de-commerce/emlyon-business-school-lance-l-Institut-de-l-Intrapreneuriat