Programmes d’Intrapreneuriat : la recette. Les 5 ingredients clés

Céline Degreef participait mercredi dernier au sommet de l’innovation Innov8rs. Si l’évènement qui devait initialement se tenir à Barcelone a été reporté à décembre 2020 à cause de la crise sanitaire, l’organisation d’Innov8rs a fait preuve d’agilité pour permettre la tenue de sessions live, avec la participation d’innovateurs de renom. C’est donc virtuellement que Céline, en tant que fondatrice et CEO de MyCrowdCompany a partagé son expérience et prodigué ses meilleurs conseils pour se lancer dans un programme d’Intrapreneuriat. Quels sont les facteurs clés et les erreurs principales à éviter lorsque l’on créé son programme d’Intrapreneuriat ?  Peut-on parler d’une recette magique ?

Programme d’Intrapreneuriat : vous créez un dispositif unique.

Si chaque entreprise est unique, il en va de même pour leurs programmes d’Intrapreneuriat. Ces programmes ne sont pas duplicables, et dépendent de nombreux paramètres internes. La culture d’entreprise, sa gouvernance, le type de business de l’entreprise, son degré de sensibilité aux risques, ses capacités financières, la zone géographique etc… Tous ces facteurs entrent en ligne de compte dans la construction d’un programme d’intrapreneuriat. Créer son programme, ce n’est pas lancer le nouveau projet gadget à la mode que le concurrent vient de développer. Honnêtement, il n’y a pas de recette magique pour la création d’un programme d’intrapreneuriat, mais il y a par contre des ingrédients clés et des erreurs à éviter.

Veiller à obtenir des sponsors et fixer des objectifs clairs.

Les objectifs des programmes d’intrapreneuriat varient d’une entreprise à une autre, mais ils possèdent une chose en commun : ils doivent être prédéfinis. Un programme d’intrapreneuriat qui n’a pas reçu le soutien et le sponsor du Comité Exécutif n’aboutira pas. En effet, il s’agit de penser un programme d’intrapreneuriat comme un outil stratégique, et donc au service d’un objectif de l’entreprise. D’ailleurs, s’accorder avec le top management sur quelques KPIs peut s’avérer très utile pour mesurer le succès du programme. En termes d’objectifs, l’expérience prouve qu’il s’agit de trouver un juste milieu entre objectifs business et objectifs RH. Travailler en partenariat avec des start-ups ou créer un incubateur interne sera certainement plus efficace à la poursuite d’objectifs de court terme, uniquement et purement business. A l’inverse, se concentrer uniquement sur les objectifs RH de transformation n’est pas viable car il sera alors difficile de garder le soutien du CFO sur le long terme, par exemple. Créer un programme d’intrapreneuriat permet de développer de projets viables et créateurs de richesse pour l’entreprise, tout en transformant les manières de travailler et la culture de celle-ci.

Fixer les règles du programme à l’avance

Préparer un programme d’intrapreneuriat requiert une réflexion sur les objectifs du programme mais aussi sur ses modalités. Il s’agit d’être clair sur les termes et conditions du programme pour éviter toute frustration de la part de l’intrapreneur. En effet ce dernier se pose de nombreuses questions. Que deviendra le projet s’il est sélectionné pour les phases d’incubation ou d’accélération ? Que gagne-t-il ? Quid des enjeux de propriété intellectuelle ? Que se passe-t-il si le projet ne va pas à son terme ? Comment son temps de travail sera-t-il segmenté ? l’entreprise doit avoir fixé les règles à l’avance.

Définir un budget avant de commencer son programme.

Fixer des objectifs au programme et prévoir ses modalités ne suffira pas sans la définition d’un budget. Il serait une erreur de croire que l’on peut developer tout un programme d’intrapreneuriat sans avoir prévu de budget pour celui-ci. Il s’agit donc d’anticiper financièrement toutes les phases du projet depuis la création d’un MVP jusqu’au scaling. Si le budget varie selon les phases du programme, il est nécessaire de prévoir les dépenses à l’avance pour ne pas être contraint de stopper le développement du projet au moment critique. Budgétiser son programme d’intrapreneuriat doit être une des priorités.

Ouvrir le programme au plus grand nombre

S’il ne s’agit pas de convertir tous les collaborateurs en intrapreneurs, il s’agit d’être assez inclusif pour pouvoir aboutir sur des résultats concrets et être en mesure d’évaluer ces résultats. Construire un programme d’intrapreneuriat pour 20 collaborateurs n’est certainement pas un bon moyen de challenger la culture de l’entreprise. Sur ce point, MyCrowdCompany a développé une solution qui permet à l’intrapreneur d’identifier simplement les compentences dont il a besoin, et de demander de l’aide en interne pour développer son projet. Grâce au matching de compétences, il lui devient alors aisé de trouver les compétences recherchées en interne et d’impliquer le plus grand nombre (et donc de développer l’intelligence collective !).

Impliquer les RH et les managers.

L’expérience prouve que les programmes ayant réussis avaient bénéficié du soutien et de l’implication du middle management et du département RH de l’entreprise. En effet, les collaborateurs impliqués dans un programme d’intrapreneuriat vont allouer beaucoup de leur temps à leurs projets intrapreneuriaux, et seront même pour certains entièrement détachés de leurs anciens postes. Les managers subissent alors une perte, et ne savent pas réellement si l’intrapreneur reviendra à son poste après avoir suivi le programme. Il s’agit donc de les inclure dans la réussite du programme et de trouver des leviers de motivations pour le middle management. Le département des ressources humaines a aussi un grand rôle à jouer dans la réussite d’un programme d’intrapreneuriat. Les RH sont souvent un point de contact privilégié entre l’intrapreneur et l’entreprise. Définition des règles contractuelles, accompagnement administratif, politique de change management… Les RH sont plus qu’un intermédiaire, ils sont en première ligne, aux côtés de l’intrapreneur.