Quel futur pour l’intrapreneuriat ?

Yumana se lançait en début d’année dans un projet ambitieux : celui de répondre à la question du futur de l’intrapreneuriat. En 2021, après une année compliquée, il était intéressant de regarder dans le rétroviseur et brosser un portrait de ce dispositif d’innovation bien connu mais clivant. Pour cela, un grand baromètre de l’intrapreneuriat.

Quelles tendances pour les prochaines années ? Voici venu le temps des résultats.

Les résultats du baromètre de l’intrapreneuriat révèlent des certitudes

L’intrapreneuriat est une démarche exigeante, qui peine encore à faire consensus au sein des entreprises, la faute notamment à des exemples de réussites intrapreneuriales trop peu nombreux encore. Cela dit, le tableau n’est pas si noir. Le baromètre le montre d’ailleurs, la pertinence et l’importance d’avoir un programme d’intrapreneuriat étant évaluées à plus de 8/10 par les répondants.

En 2021, les objectifs des programmes sont définis au plus haut niveau des organisations. Le Top management s’inscrit en sponsor des programmes, ce qui permet de promouvoir facilement le programme en interne et de gagner en clarté. Or l’expérience de Yumana dans la structuration de programmes d’intrapreneuriat prouve que ce sponsorship n’était pas encore effectif il y a quelques années… Sur la bonne voie ?

Par ailleurs, les retombées des programmes d’intrapreneuriat sont multiples pour l’entreprise. Une plus-value business (ouverture de nouvelles lignes produits, services etc.), mais aussi des résultats en termes de transformation (culture d’entreprise, changement des mindsets, des façons de travailler, etc.) ainsi que des retombées RH importantes (marque employeur, rétention des talents, attraction…). Les programmes d’intrapreneuriat sont des outils qui transcendent l’organisation.

Mais soulèvent aussi certaines questions et révèlent des points d’amélioration possibles

Si les retombées sont connues et validées de tous, et si les programmes sont soutenus par les COMEX… Pourquoi peinent-ils alors à décoller ?

Les résultats du baromètre montrent certaines faiblesses dans la conception des programmes, qui impactent directement leur potentiel. Ces faiblesses sont à analyser à trois niveaux :

  • Au niveau du parcours des intrapreneurs.
    Ce dernier n’est pas assez accompagné dans son projet intrapreneurial. Pas assez de temps alloué à son projet, pas assez d’autonomie, peu voire aucun intéressement financier, un manque d’accompagnement au retour à son poste en cas d’abandon du projet, etc. La liste est longue, et les intrapreneurs se sentent parfois bien seuls à nager contre l’organisation. Les entreprises gagneraient à mener une véritable réflexion sur l’accompagnement des intrapreneurs et leur valorisation.
  • Au niveau de la gouvernance.
    Si les RH et le Middle management doivent être embarqués dans l’aventure, un effort doit être fait pour passer de la théorie à la pratique. Les managers restent souvent des points de blocage et ne sont pas assez associés aux programmes. Quant aux RH, il s’agit d’en faire des porte étendards des programmes, tant les retombées peuvent être importantes à ce niveau et tant le besoin d’accompagnement de l’intrapreneur induit une participation importante et active des RH.
  • Au niveau de la mesure de la performance des programmes.
    Si les objectifs et les retombées des programmes s’inscrivent bien dans une démarche business, il y a un net décalage entre les attentes et les résultats obtenus. En cause ? Le manque d’indicateur quantitatifs pour mesurer la performance des programmes, le manque d’objectifs chiffrés business (Chiffre d’affaires…). Comment prouver la valeur ajoutée des programmes d’un point de vue business auprès d’une Direction Générale sans indicateurs quantitatifs ? Bien que le Top Management soit souvent moteur au départ, il y a parfois de la déception à l’arrivée d’où l’arrêt de certains programmes.