Logo podcasts Yumana "Inno: Off the Record"

Ep. 5

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Combien vaut vraiment une idée ?

Inno: Off the Record

Innovation Culture
Idea Management

Dans cet épisode 5, Céline Degreef CEO de Yumana vous embarque dans un jeu un peu particulier, où la récompense est ... franchement ridicule.

Bienvenue dans “Qui veut gagner l’innovation ?” le seul jeu où tout le monde donne beaucoup… mais où peu repartent avec quelque chose.

Mais bon, derrière les ratés, il y a aussi des clés !

Les vrais leviers qui déclenchent l’envie : la reconnaissance, le sentiment d’appartenance, la compétition et une vraie récompense.

Un épisode qui pose une question essentielle : quelle est la valeur d'une idée ?

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Ça va buzzer !

Est-ce que toi aussi, tu as déjà eu des moments où t'as tout donné pour un prospect, genre tu étais sur tous les fronts, tu as donné sans compter ton temps, ton énergie, ton cœur, tes propales et tes 100 conseils gratuits et que la personne t’as tout pompé sans signer et pour te remercier, t’a dit : « merci encore pour tous les efforts mais on a vraiment pas de budget cette année ».  

C’est bien d’eux dont je veux parler : ceux qui prennent tout sans hésiter et rechignent toujours à donner en retour. Ceux qui te disent « prochaine fois c'est pour moi » depuis environ 5 ans.  

Mais attendez, parce que le pire est à venir : quand c’est l’entreprise qui s’y met, là, mes amis, on est mal.  
Vous êtes prêts ? Alors, avec mon sujet du jour, on va parler récompenses, et pour ça je vous invite à un célèbre jeu. Bienvenue dans "Qui veut gagner l'innovation ?" : le seul jeu où la mauvaise réponse vous coûte bien plus cher que le prix à gagner.
Allez, on attaque direct ! Première question : pourquoi, à votre avis, un collaborateur plein de bonnes idées est heureux de participer à un programme d'innovation ?

  • Réponse A Parce qu'on lui a offert un tote bag en coton bio avec le logo de la boîte
  • Réponse B Parce qu'on lui a promis que "cette fois, ce sera différent" et il est d'un naturel optimiste
  • Réponse C Parce qu'il collectionne les mails automatiques qui commencent par "Merci pour votre contribution à notre dynamique collaborative !" avec un émoji fusée
  • Réponse D La réponse D

Alors, je vous vois venir : « mais Céline, c'est n'importe quoi ces options ! » Eeeeexactement !  

Bienvenue dans ma vie, vous avez déjà compris, je vais encore balancer un peu. Oui, parce que comme d’hab, je suis souvent en coulisses pour voir le prime time planter en direct. Et qu’encore une fois, comme j’aime à le dire, le but c’est de voir que derrière chaque plantage, il y a aussi des petites pépites d’échec qu’on peut polir pour nous en faire des diamants.

Bon, alors, le suspense est à son comble, c’est le moment où il ne faut pas se tromper car tout le monde retient son souffle. Quelqu’un dans le public murmure “prends l’appel à un ami, vite”.  

Et c’est bien joué, parce que c’est moi, l’amie. Et je suis là pour vous éviter de perdre gros. Et si vous jouez les radins, je vous préviens : un jeu sans lot est souvent un jeu sans gagnant…et, ça, ça finit presque toujours en “vous êtes le maillon faible, au revoir”. Allez, respirez un bon coup, les jeux sont faits.

Bon, je vous explique. Quand on conçoit un programme d’innovation, souvent ce que je vois c’est que les gens sont tout foufous, aussi excités que mon mec un soir de Classico et totalement conquis par les perspectives incroyables qui s’offrent à eux. Ils se disent qu’ils vont repartir avec le gros lot : de l’innovation à tire-larigot, des collaborateurs hyper engagés qui sont sur-motivés à l’idée de participer, et eux, en tant qu’entreprises, qui se contentent de récolter les gains sans trop forcer. Le rêve.

Et c’est vrai, c’est pas moi qui vais vous dire le contraire.  
Avec les bonnes cartes en main : une gouvernance qui joue le jeu, une équipe d'animation qui est au taquet, une comm' qui claque, il y a de vraies chances que ça marche.  

Le jackpot donc ? Attendez. Pas si vite.
Parce que les entreprises oublient souvent une chose.  
Une chose qui n’est pas vraiment anodine : quel levier de reconnaissance à activer ? Autrement dit, quand eux gagnent gros, que gagnent leurs candidats ?

Et si l’entreprise avait un trait toxique, ce serait clairement celui-là : celui de penser que travailler entre ses murs est déjà une récompense en soi. Sauf que…le salaire que tu proposes à tes collaborateurs c’est pour faire leur job… pas pour faire plus. Il rémunère le poste : pas la passion, pas l’audace, pas l’envie de faire mieux que ce qu’on te demande. Eh ouais, sorry les gars, désolée de casser l’ambiance mais le salaire émotionnel ne rembourse pas encore le crédit immo.

Et là vous vous dites, non mais, évidemment qu’il faut récompenser. Quand même ! On va prévoir des choses Céline, on est des gens bien.  
Mais je suis à regret de vous dire, que parfois, en récompensant, c’est pire.


Ça nous emmène directement à la mauvaise réponse numéro 1 : la récompense qui fait plus de flop que ma cure détox quand on me propose un apéro.
Je vous raconte ce cas d’école. C’est l’histoire d’une entreprise, comme souvent, qui avait tout bien ficelé, tout était rôdé et le programme d’inno était prêt à dégainer.  

Et là, au moment de parler concrètement des modalités du jeu, je peux presque imaginer ce qui a dû se passer un mardi matin, dans une salle de réunion vitrée, où dans un moment solennel quelqu’un a lancé : « Il faut qu’on offre une récompense pour les meilleures idées. » Et que quelqu’un a dû lui répondre : « Oui, super ! Un bon d’achat de 20 euros ? ». Et là personne ne l’arrête. Personne.  

Pire, ils valident tous. En mode « ouais carrément, bonne idée ! ».
C'est officiel : ils venaient de décrocher leur place dans un de mes épisodes. La cata était en route. Le mur était droit devant.

Alors : entre ne pas tout miser sur l’argent pour valoriser ses collaborateurs et filer de l’argent de poche symbolique avec l’enthousiasme d’un tonton radin à Noël, il y a quand même un monde.  
20 euros c’est à peine de quoi s’acheter un livre de développement personnel à la mode du type « croire en soi » sur Amazon et se demander si on sera là lundi matin ou si on quitte tout pour devenir potière dans le Lubéron.
Parce qu’en voulant récompenser, mais avec un truc plus riquiqui que mon budget après les soldes, on finit surtout par dénigrer sans s’en rendre compte.

Alors quand on réfléchit au sujet en se demandant vraiment quelles sont les réponses à la question : combien vaut vraiment une idée ? ça nous permet en réalité déjà de squeezer un paquet de mauvais choix : pas un mug, pas un tote bag, pas un « je t’offre un café”, et évidemment pas, 20 euros.

Mais du coup, ça vaut quoi ? Si on mettait un prix réel et pas juste symbolique, ou pas juste « parce qu’on doit le faire » sur l’audace, sur le fait d’oser, sur la création d’un truc nouveau…
Combien vaudrait une idée ? un bon d’achat ? Ou toute une culture à repenser ?

Allez, comme vous avez utilisé votre « appel à un ami » et que c'est tombé sur moi, je vais vous donner tous mes jokers d'un coup. C’est cadeau.  

Déjà, pour déterminer les vraies raisons qui nous font avoir envie d'avoir envie, comme disait le philosophe contemporain Johnny Hallyday, paix à son âme, nous, on a une référence qui nous a permis de comprendre pas mal de trucs : le livre Le Bug Humain de Sébastien Bohler.

Le mec t'y explique un truc hyper simple : si on fait des trucs complètement absurdes parfois : genre scroller sur Instagram jusqu'à se dissoudre les pupilles, bouffer des Haribo compulsivement devant Netflix, ou acheter des trucs dont on n’a absolument pas besoin sur Amazon à 2h du mat', c'est pas parce qu'on est bêtes, c'est parce qu'on a un petit machin dans le cerveau, le striatum, qui adore le plaisir instantané.  
C’est comme notre petit junkie intérieur.

Et apparemment, on est câblés pour chercher cinq trucs : manger, se reproduire, dominer, s’informer, et ne surtout pas trop se fatiguer. Voilà. Toute l’humanité résumée à cinq boutons, comme une machine à sous un peu vicieuse…et flemmarde, n’ayons pas peur des mots.

Alors, quand on sait ça, comment on active vraiment la motivation en entreprise ? Pour nous, il y a quatre grands leviers. Quatre trucs qui nous font bouger, parce qu’ils vont titiller notre striatum.  

Prenez des notes, voici donc les bonnes réponses.

Le premier levier, c’est La Gloire.
Oui parce que qui n’a jamais imaginé le discours poignant qu’il ferait, une nuit d’insomnie, si un jour il se voyait remettre un Oscar ? Je parie qu’on s’est tous déjà vus, presque comme si on y était, la main sur le cœur, arracher des larmes d’émotion à tout le public, dans une robe satinée et un ventre bien plat. Bon, ok, ça c’est peut-être juste dans ma vision à moi.  

Oui, parce qu’au fond, nous, dans notre vraie vie, et surtout en entreprise, on est rarement félicité, glorifié ou récompensé pour notre implication, et ce petit fantasme reste un rêve inavoué que l’on caresse secrètement entre 2H et 4h du matin. Et puis on se lève les yeux rouges et les cernes creusées pour reprendre notre quotidien où il y a plus de chances de recevoir juste un mail avec “Bravo à tous !” en objet.  
Et en plus c’est censé suffire à nourrir notre ego pendant deux ans.  

Alors, oui, on va te dire : “Ce n’est pas pour la gloire.” Mais la vérité, c’est que si, un peu quand même.
Pour certains, c’est ça qui va être le kiff absolu. La reconnaissance, la vraie, la consécration, les Awards bien lustrés qui vont trôner sur leur cheminée.
Mais attention : faut que ce soit sincère. Et significatif. On veut des paillettes et du tapis rouge.

Le deuxième levier, c’est ce que j’appelle : Le Club des Élus.
Pour celui-là, rappelle-toi un peu ce petit frisson délicieux que tu as pu ressentir en disant à quelqu’un « Ah, tu savais pas ? », suivi d'un micro-sourire en coin que tu réprimes mal parce qu'au fond, t'es en train de kiffer grave ton petit moment de pouvoir ?

Il faut le dire, on adore tous être du bon côté de la barrière. Celle où y'a les infos chaudes, l'accès backstage, le truc que les autres découvriront dans trois semaines quand ce sera déjà has-been. Un peu comme quand t’es le seul à avoir LE potin croustillant et te rend plus irrésistible que Margot Robbie parce que TOUT LE MONDE veut savoir.  

Ce levier-là, il active les gens qui veulent être dans le cercle fermé. Les initiés. Et Leur striatum, il adore ça. Là où c’est redoutablement efficace c’est qu’il ne coûte pas grand-chose à part un peu d’huile de coude pour leur donner accès à la confidence, à une info stratégique, à une invitation à un meeting normalement fermé.
Donc on n’hésite pas à chouchouter ses VIP ! Ils adorent ça.

Le levier 3, c’est La Compét’ ! Alors-là, attention, on entre dans la catégorie des gens qui ne vivent QUE pour ça : gagner. Pas participer ou faire de son mieux. Non. Gagner !

Tu sais, ce sont ces personnes qui transforment littéralement n'importe quoi en compétition. Le premier arrivé au bureau le matin. Celui qui a envoyé le plus de mails dans la journée. Celui qui a le plus de RTT à poser avant la fin de l’année. Ça n’a aucun sens, je vous l’accorde. Mais pour ceux-là tout ce que tu as à faire : c’est mettre une jauge, un score, un trophée, et observer. Leur striatum, il voit tout comme une course Mario kart ou le seul objectif est de finir premier.  

Leur obsession absolue ? Gagner pour battre le service d’à côté et pouvoir faire « bouuh les loosers » quand ils les croisent à la cantine. La gamification est LE levier phare pour transformer leur expérience en un jeu qui leur donne envie de venir et revenir.  

Et enfin, le levier 4 c’est la Récompense…oui, mais la vraie.
Et alors là, on arrive au nerf de la guerre. Celui dont personne ne veut vraiment parler parce que ça implique de sortir le chéquier et d'assumer qu’on se donne les moyens de ses ambitions.

Et honnêtement, quand une idée fait économiser ou génère des millions, quand les collaborateurs ont passé des dizaines d’heures à la peaufiner et qu’ils en ont même parlé à leur boulangère, il faut quand même marquer le coup.
Le très bon élève à retenir là-dessus, c’est Siemens, qui a distribué une partie de la valeur générée par l'innovation directement aux porteurs de projets.
Oui, ça en jette, mais sans aller aussi loin, il y a en réalité plein de façons de bien faire le job.

Parce que voilà le truc qu'il faut comprendre : il y a récompenser et il y a valoriser.
La récompense, c'est du transactionnel. C'est simple et ça fonctionne très bien sur certaines audiences : une prime importante, un cadeau sympa. Boum. Deal conclu. C’est le cas d’Intermarché qui a versé 150 euros à ses collaborateurs en magasin si leur idée était retenue. La motivation financière, dans ces cas-là est très bien accueillie puisqu’elle matche avec la cible et ses attentes… Mais elle ne fonctionne pas partout, ou alors pas du tout sur les mêmes montants.

La valorisation, c'est davantage du transformationnel, c’est dire : tu me donnes une idée, et moi je t'offre quelque chose qui te fait grandir et qui compte pour toi parce que ça a de la valeur.
Et là où ça devient intéressant, et c'est ce que j'ai observé sur le terrain ces dernières années, c'est ce qui crée vraiment l’effet waow c’est quand on combine les 2. Tu ne fais pas qu'acheter une idée : tu investis dans le porteur de projet avec un gain important et donc tu renforces son sentiment d'appartenance, tu donnes du sens à son implication.

C’est le cas des récompenses comme des learning expedition, des billets à un événement top niveau, des formations hyper impactantes.  

Bon, voilà je crois qu’avec ce petit coup de pouce, vous êtes enfin prêts à buzzer et prêt à remporter le grand game de l’inno.  Parce que l’intelligence collective, c’est pas juste un moyen de gratter du génie pas cher. C'est censé être du win-win et pas juste distribuer des « merci champion, t’es un crack".  

Le vrai secret derrière à retenir, c'est qu'une idée, elle vaut quelque chose pour tout le monde.

La question à un million à se poser c’est donc : comment peut-on créer un programme qui vient servir non pas un process d’idéation mais toute une culture d’innovation qui fonctionne et qui vit en interne ?  
Et ça, ça va dépendre de vos enjeux, de votre contexte et de votre cible.
Et c’est mon dernier mot Jean-Pierre.

Alors sérieusement, investissez.  

L’innovation ne fonctionne pas comme une machine à sous où tu gagnes à tous les coups sans avoir inséré aucune pièce au départ. C’est une dynamique humaine, avant tout, qui a besoin qu’on mise un peu sur elle au démarrage.  

Alors si vous initiez un programme qui ressemble à une pub Apple en mode « osons rêver ensemble » avec lumière blanche, musique qui fait monter la larme et gens qui regardent l’horizon avec un air inspiré, et que vous proposez des récompenses dignes d’une tombola de kermesse en Meurthe et Moselle, autant être honnêtes : on n’est plus dans The Voice en prime time…On est dans le karaoké de fin de soirée au PMU du coin, les lacs du connemara à fond la caisse pour la 6ème fois, et collègues déjà trop bourrés pour articuler.

Pour conclure, moralité : l’engagement, ça ne se paie pas en applaudissements. Donc si vous voulez que vos collaborateurs se dépassent, donnez autre chose en retour que du love et du « on est ensemble ».

C’est déjà la fin de l’épisode, mais pas de l’histoire.
Rendez-vous très bientôt pour une prochaine chronique où on secoue les certitudes, on agite les belles idées, et on rit (parfois un peu) quand ça pique.

Inno : Off the Record ! Les chroniques officieuses de l’innovation.

  • De quoi parle l’épisode 4 de Inno: Off the Record ?

Cet épisode raconte l’histoire d’un Trophée de la RSE ambitieux qui a réussi à mobiliser des dizaines de milliers de collaborateurs… avant de s’éteindre brutalement. Non pas par manque d’intérêt ou de qualité, mais par absence de suite et de vision dans la durée.

  • Est-ce une histoire réelle ?

Oui. L’épisode s’appuie sur un cas réel vécu en entreprise. Les noms et certains éléments sont anonymisés, mais les faits décrits sont authentiques.

  • Pourquoi les récompenses sont-elles un sujet aussi critique ?

Parce qu’elles conditionnent directement l’engagement. Une idée ne naît pas “gratuitement” : elle demande du temps, de l’énergie, et souvent une prise de risque. Si la reconnaissance n’est pas à la hauteur, la motivation s’érode rapidement.

  • Faut-il forcément des récompenses financières ?

Pas toujours. Certaines audiences y sont très sensibles, d’autres davantage à la valorisation, aux opportunités ou à la visibilité. L’enjeu n’est pas uniquement le montant, mais la perception de la valeur : une récompense doit être juste, crédible et alignée avec l’impact généré.

Penser qu’un petit geste symbolique suffit, proposer des récompenses déconnectées de l’effort fourni, ou considérer que participer est déjà une “chance” pour les collaborateurs peuvent produire l’effet inverse : démotiver, voire décrédibiliser le programme.

  • Où retrouver la suite des épisodes du podcast Inno: Off the Record ?

Retrouvez Inno: Off the Record sur le site de Yumana et sur toutes les principales plateformes d’écoute : Spotify, Apple Podcasts, Deezer, YouTube, et autres services de streaming audio.

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Presented by

Céline Degreef

CEO and co-founder of Yumana

Photo de profil de Celine Degreef

An expert in collective intelligence and innovation ecosystem management, Céline Degreef has been helping companies implement effective innovation systems for over 10 years.
This experience has given her a close-up and bird's-eye view of how innovation projects within companies are born, succeed, and sometimes go off the rails. In 2025, she launched her first podcast, Inno: Off the Record, to tell the story of innovation in a different way.

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