Guide
Le Yumana Innovation Performance Radar est un baromètre publié tous les trois mois qui mesure le fonctionnement des programmes d’innovation à partir de l’activité observée sur les plateformes Yumana, agrégée et anonymisée.
Il s’appuie sur six capacités clés, chacune mesurée par une métrique :
- Engage : mobiliser une population.
- Generate : générer suffisamment d’idées au regard de la population couverte.
- Progress : faire avancer les idées matures dans le processus.
- Flow : limiter l’accumulation d’idées sans mouvement.
- Renew : maintenir un portefeuille suffisamment renouvelé.
- Scale : transformer les solutions retenues en adoption réelle.
Les six métriques sont ensuite combinées dans un score global : le Yumana Innovation Score.
Le Radar permet à un programme de se situer par rapport au benchmark Yumana, d’identifier les dimensions sur lesquelles il surperforme ou sous-performe, et de repérer les principaux leviers d’amélioration.
Il mesure une performance relative à ce qui est observé sur les plateformes, mais ne mesure pas les résultats business des programmes. Il n’explique pas non plus, à lui seul, pourquoi un indicateur est élevé ou faible : les résultats doivent toujours être interprétés à la lumière du contexte, des objectifs et de la maturité du programme.
Comment lire le Radar ?
Pour chaque métrique, le Radar affiche une bande, un point et une valeur médiane. Ensemble, ils montrent comment les plateformes analysées se répartissent sur cet indicateur.
Le principe
Pour chaque métrique, les plateformes sont classées de la valeur la plus basse à la plus haute. Trois repères permettent ensuite de lire cette répartition :
- P25 : 25 % des plateformes ont une valeur inférieure ou égale à ce niveau.
- P50 : 50 % des plateformes ont une valeur inférieure ou égale à ce niveau. C’est la médiane.
- P75 : 75 % des plateformes ont une valeur inférieure ou égale à ce niveau.
La bande : les 50 % centraux
La bande s’étend de P25 à P75. Elle contient donc la moitié des plateformes analysées : les 50 % situées au centre du classement.
Exemple fictif. Pour l’indicateur Generate exprimé en idées pour 100 utilisateurs :
P25 = 10, P50 = 30 et P75 = 50
Cela signifie que 25 % des plateformes génèrent 10 idées ou moins pour 100 utilisateurs, 50 % en génèrent 30 ou moins et 75 % en génèrent 50 ou moins.
Le nombre après le « P » indique une position dans le classement des plateformes, et non la valeur de la métrique.
Le point : la médiane
Le point indique P50, la médiane. La moitié des plateformes se situe en dessous de cette valeur et l’autre moitié au-dessus.
Le grand chiffre affiché pour chaque métrique correspond à la médiane : la moitié des plateformes se situe en dessous, l’autre moitié au-dessus. Elle est utilisée plutôt que la moyenne, car elle est moins sensible aux quelques plateformes qui présenteraient des valeurs très faibles ou très élevées.
La médiane n’est pas forcément placée exactement au milieu entre P25 et P75. Si le point P50 est plus proche de P75, cela signifie que les valeurs des plateformes situées dans la moitié centrale sont davantage regroupées vers le haut de la bande. S’il est plus proche de P25, elles sont plutôt regroupées vers le bas. La position du point permet donc de voir rapidement comment les valeurs centrales sont réparties, sans avoir à lire toutes les données une par une.
Les 6 métriques
Quelle part de la population couverte participe réellement au programme ?
Le taux de participation mesure la part des utilisateurs couverts ayant réalisé au moins une action significative pendant la période analysée.
Une action peut notamment correspondre à la création d’un projet, un vote, un commentaire actif ou une candidature selon la configuration de la plateforme.
Lecture : valeur élevée préférable
Un taux élevé indique que le programme réussit à mobiliser une part importante de son audience. Il ne mesure toutefois ni l’intensité de la participation ni la qualité des contributions.
Exemple fictif : sur 200 utilisateurs couverts, 50 ont participé : 50 / 200 × 100 = 25 %.
Cela représente un utilisateur couvert sur quatre.
Le programme génère-t-il suffisamment de matière pour alimenter son portefeuille ?
Le taux de génération d'idées rapporte le nombre d’idées déposées à la taille de la population couverte.
Il est exprimé en idées pour 100 utilisateurs afin de pouvoir comparer des programmes de tailles différentes.
Lecture : valeur élevée préférable
Un programme qui dispose de 50,000 utilisateurs n’est ainsi pas automatiquement mieux classé qu’un programme de 2,000 utilisateurs simplement parce qu’il génère davantage d’idées en valeur absolue.
Le taux de génération d'idées reste volontairement moins pondéré dans le score global : produire davantage d’idées n’est pas une finalité en soi.
Exemple fictif : 300 idées déposées pour 200 utilisateurs couverts donnent 150 idées pour 100 utilisateurs. Une valeur supérieure à 100 est possible : une personne peut déposer plusieurs idées.
Les idées matures avancent-elles réellement dans le processus ?
Le taux de progression des idées mesure la part des idées appartenant à la cohorte mature qui ont progressé dans le processus d’innovation.
Lecture : valeur élevée préférable
Generate mesure ce qui entre dans le système. Progress mesure ce qui avance.
Une plateforme peut donc générer beaucoup d’idées tout en présentant une faible capacité de progression.
Exemple fictif : Parmi 80 idées créées entre 24 et 12 mois avant la date de référence, 20 ont un changement retenu : le taux est de 25 %. Cela ne prouve pas que ces 20 idées ont abouti.
Quelle part du portefeuille reste bloquée ?
Flow s’appuie sur le taux d’idées dormantes : les idées toujours en cours mais n’ayant enregistré aucun mouvement depuis au moins 12 mois.
Lecture : valeur faible préférable
Contrairement aux autres métriques, un taux élevé est ici défavorable.
Un volume important d’idées dormantes peut signaler un problème de priorisation, de décision, de ressources ou de gouvernance.
Il permet également de distinguer activité et fluidité : un programme peut continuer à générer des idées tout en accumulant un portefeuille qui progresse peu.
Exemple fictif : si 30 idées sur 120 idées en cours sont considérées comme dormantes, le taux est de 25 %.
Le portefeuille est-il suffisamment renouvelé sans devenir instable ?
Le taux de renouvellement du portefeuille mesure les mouvements d’entrée et de sortie du portefeuille relativement à sa taille moyenne.
Lecture : équilibre optimal autour de 35 %
Contrairement aux autres piliers, plus haut n’est pas systématiquement mieux.
Un taux très faible peut traduire un portefeuille figé. À l’inverse, une rotation extrêmement élevée peut refléter une instabilité importante.
Pour le Yumana Innovation Score, le point d’équilibre est actuellement fixé à 35 %, au centre d’une zone de référence de 20 à 50 %.
La distribution P25–P75 reste affichée dans le Radar pour montrer ce qui est réellement observé. La cible de scoring est une règle méthodologique distincte.
Exemple fictif : pour 12 entrées et 8 sorties, soit 20 mouvements, et un portefeuille moyen de 100 projets, le taux est de 20 %.
Les solutions qui arrivent au bout du processus sont-elles réellement répliquées ?
Le taux d’adoption des solutions mesure la part des solutions disponibles pour lesquelles au moins une adoption a été menée jusqu’au statut « terminé » pendant la période analysée.
Une solution est donc comptée comme répliquée dès qu’au moins un cas d’adoption associé à cette solution est enregistré comme terminé durant la période.
Lecture : valeur élevée préférable
Scale donne une lecture du passage entre production d’innovation et utilisation effective.
C’est volontairement l’un des piliers les plus importants du score global : un programme performant ne doit pas uniquement générer et sélectionner des idées, mais également faciliter leur adoption.
Exemple fictif : si 15 solutions sur 60 solutions disponibles ont été répliquées dans la période, le taux est de 25 %.
Comment le Yumana Innovation Score est calculé
Le Yumana Innovation Score synthétise Engage, Generate, Progress, Flow, Renew et Scale en une note sur 100.
Ces six indicateurs ne peuvent pas être additionnés directement : certains sont exprimés en pourcentage, d’autres en nombre d’idées pour 100 utilisateurs, et leurs niveaux habituels sont très différents.
Le calcul se fait donc en trois étapes : noter chaque pilier sur 100, appliquer sa pondération, puis additionner les résultats.
Ramener chaque pilier à une note sur 100
Pour la majorité des piliers, la note est calculée à partir des repères P25 et P75 observés dans le benchmark.
Nous utilisons P25 et P75 plutôt que les valeurs minimum et maximum afin qu’une plateforme exceptionnellement faible ou élevée ne déforme pas toute l’échelle.
Engage, Generate, Progress et Scale
Pour ces quatre piliers, une valeur plus élevée est préférable.
Cela signifie que pour le résultat du calcul :
- une valeur au niveau de P25 obtient 0/100 ;
- une valeur au niveau de P75 obtient 100/100 ;
- une valeur située entre les deux reçoit une note proportionnelle à sa position entre P25 et P75.
Les notes sont plafonnées entre 0 et 100. Une valeur inférieure à P25 reste donc à 0, et une valeur supérieure à P75 reste à 100.
Un score de 100 indique que le programme a atteint ou dépassé le niveau P75 du benchmark sur ce pilier.
Flow : moins de dormance est préférable
Flow mesure le taux d’idées dormantes. La logique est donc inversée : une valeur faible doit produire une meilleure note.
Une plateforme proche de P25 en dormance obtient ainsi une meilleure note qu’une plateforme proche de P75.
Renew : la recherche d’équilibre
Un taux de renouvellement plus élevé n’est pas systématiquement préférable : un portefeuille qui évolue très peu peut signaler de l’inertie, mais une rotation excessive peut également traduire une forte instabilité.
Yumana utilise donc actuellement 35 % comme point d’équilibre méthodologique.
La note est ensuite plafonnée entre 0 et 100.
Ainsi :
- entre 0 et 35 %, la note augmente progressivement à mesure que le taux se rapproche du point d’équilibre.
- à 35 %, elle atteint 100/100.
- entre 35 et 100 %, elle diminue progressivement.
- aux deux extrêmes, 0 % et 100 %, la note est de 0/100.
La progression n’est pas symétrique autour de 35 %, puisque le point d’équilibre n’est pas situé au centre de l’échelle 0–100. Un taux de 20 % et un taux de 50 %, bien qu’ils soient tous deux à 15 points de 35 %, n’obtiennent donc pas la même note.
Contrairement aux autres piliers, Renew n’est pas noté selon sa position entre P25 et P75. La bande P25–P75 reste affichée dans le Radar pour montrer les niveaux de renouvellement effectivement observés sur les plateformes, tandis que la note mesure la position du programme par rapport au point d’équilibre défini.
Pondérer les six piliers
Une fois les six notes ramenées sur la même échelle de 0 à 100, elles ne contribuent pas toutes de la même manière au score final.
Les coefficients sont un choix méthodologique de Yumana. Ils traduisent la manière dont les différentes dimensions sont considérées dans l’évaluation globale d’un programme.
Additionner les contributions














