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Ep. 1

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L’excès de confiance qui a tué ce programme d’intrapreneuriat

Inno: Off the Record

Culture d'innovation
Intrapreneuriat

Bienvenue dans “Inno: Off the record” : Les chroniques officieuses de l’innovation.

Dans cet épisode 1, Céline Degreef, CEO de Yumana, vous embarque dans le récit sidérant de ce Titanic de l’intrapreneuriat dont personne n’a vu l’iceberg !

Préparez-vous à plonger dans l'incroyable histoire du programme d'intrapreneuriat le plus ambitieux d'Europe… qui a implosé, engloutissant au passage des millions d'euros et des milliers d'idées.

Ce succès s'est transformé en un crash monumental, au point que l'entreprise a tenté d'en effacer toute trace digitale. Mais nous, on s’en souvient... Et on vous raconte tout.

Bienvenue dans mon podcast « Inno : Off the Record ! » - les chroniques officieuses de l’innovation.

Ici, on vous révèle les coulisses, les vraies, des projets d’innovation des entreprises... Les programmes qui cartonnent, ceux qui dérapent, ceux qui inspirent... pour vous dire tout ce qui marche, tout ce qui plante, et tout ce qu’on apprend entre les deux. Allez, ouvrez grand les oreilles… et votre appétit pour ce qu’on ne raconte jamais dans les conférences… c’est parti pour l’histoire du jour.

L’erreur fatale… tu sais, celle où tu envoies « a très bite » à ton n+2 en priant pour qu’il n’ait rien vu avant d’essayer d’effacer ton mail – ou ton existence - de la surface de la terre.

Bon, en tout cas, c’est un peu ce qui est arrivé à cette société multinationale, dont je tairais le nom qui avait LE programme d’intrapreneuriat le plus énorme que j’ai vu dans ma carrière et… qui a tout fait capoter.

D’ailleurs, ce qu’on va vous raconter est un peu classé secret défense, car ils ont fait le choix d’éradiquer à tout jamais ce mauvais souvenir de la toile, en effaçant une à une toutes les preuves. C’est ce qui s’appelle éviter d’assumer. On dirait mon ex.

Bon, nous, en vrai, on a décidé de sortir ce vrai blockbuster – ce Titanic de l’innovation - du fond de l’océan. Disparu des radars, mais pas de notre mémoire. On a remonté ce cas d’école à la surface, car il valait le coup qu’on y replonge.

Allez, on remet la lumière sur ce naufrage épique, on sort les pop-corns, et on vous donne les vrais dossiers. Parce que comme diraient les coachs de vie en vogue : derrière chaque échec, il y a une leçon. Retour sur comment on a tué le plus ambitieux programme d’intrapreneuriat d’Europe et ce qu’il vient nous apprendre.

Je dois l’avouer, pour une fois les calculs étaient bons et c’était le genre de programme qui mettaient des paillettes dans nos vies. Tu sais, le genre de frissons que tu mets à ressentir si on te dit : Non mais t’inquiète « l’argent c’est pas un problème ».

C’est une histoire qui commence vraiment comme un conte de fées corporate. Il était une fois donc, une multinationale française qui avait décidé de concevoir une aventure intrapreneuriale absolument incroyable.

C’était Noël sur un plateau, vraiment, mais attention sans les gobelets en carton, la bûche Picard, le pull moche de tonton Gérard et les débats foireux sur la réforme des retraites. Non. Ici, on avait sorti l’artillerie lourde, le caviar, la nappe en lin brodé et les chandeliers en argent, le tout avec zéro drama à la table des adultes... Un vrai rêve éveillé.

Vous avez compris, là, on parle d’un programme d’intrapreneuriat avec les moyens d’une tournée de Beyoncé, avec le PDG qui soutient et porte le programme, le COMEX en totale adhésion qui chauffe la foule, des milliers de collaborateurs en chorée synchronisée prêts à lancer leurs meilleures idées, et des millions d’euros mis de côté, en amont, pour transformer ses idées en startups.

Elle est pas belle la vie ?

On avait même une plateforme digitale de crowdsourcing où tous les collaborateurs étaient invités à participer, du stagiaire au directeur. Même Martine de la compta avec 32 ans de classeurs Excel à son actif pouvait se sentir l’âme d’un Steve Jobs en devenir.

L’entreprise ne voulait pas se contenter de collecter de bonnes idées : elle voulait agir, détacher, héberger, coacher, financer, accélérer, payer ton loyer… Enfin bon... pardon je m’égare.

Elle a fait appel à des experts, elle a mis en place une gouvernance interne, elle a établi des critères objectifs de choix des idées, elle avait aussi prévu l’aspect RH pour que les collaborateurs soient détachés et puissent travailler pleinement au développement de leur startup.

Elle a même pensé à des lieux spécifiques pour que les intrapreneurs puissent travailler sur leurs projets en évitant les contraintes métiers.

Un sans-faute !

La communication était au taquet : Linkedin, réseaux internes : Martine et tous les autres étaient on fire !

Leur objectif ? Créer 20 startups internes. Une belle ambition. Raisonnable, maîtrisable. Jusque là, tout était sous contrôle.

Le succès ne se fait pas attendre : l’entreprise obtient plus de 600 projets de startups à traiter.

Et là ils sont pris dans l’euphorie.

J’imagine qu’ils ont du se sentir, comme moi, aussi riches et sexy après 3 verres sur du Emile et Image, quand ils se sont dit « tiens, il reste du budget, on est bons, on a les moyens, et si on sélectionnait non pas 20 mais 60 projets de startups à développer ? »

Et là, c’est le drame.

Personne n’avait pensé à un petit détail : un détail qui pèse lourd… les intrapreneurs, ce sont des collaborateurs qui ont un rôle opérationnel dans l’entreprise. Si tu détaches Martine mais aussi Yasmine et Jean-Jacques… et juste quelques 250 autres au passage : qui fait le boulot au quotidien ?

Personne, à ce moment-là, ne prend la mesure de l’impact du départ de 250 collaborateurs qui vont tous sortir de l’organisation en même temps pour créer leur startup. Et sans être remplacés.

Je crois qu'on peut parler d'excès de confiance. Comme moi qui essaie de rentrer dans un 36 en me disant si si si en tirant ça va fermer.

À la base, ça devait être un tremplin. C’est devenu une tornade.  

Les managers ? Seuls. Plus seuls que moi le jour où j’ai répondu 'vous aussi' à un serveur qui me disait 'bon appétit...
Et pour la belle dynamique ? Elle s’était complètement évaporée.

Remplacée par cette ambiance gênante où tout le monde se dit « non non mais ça va aller », tout en évitant de croiser les regards à la machine à café.

Le programme d’intrap’ de ce corporate, jadis vitrine de l’innovation à la française, devient le secret de famille honteux, le Voldemort de la boîte : le programme dont on ne doit jamais prononcer le nom.

Et puis, digne d’un walk of shame, l’entreprise va même jusqu’à faire disparaître la mémoire digitale du programme.

Comme si vider ton historique Google suffisait à effacer tes choix de vie douteux. Non mais on vous voit, hein. Dommage, car cela aurait pu devenir un cas d’école pour eux, et pour tous les autres aussi.

Voilà, nous, on a décidé de lui rendre hommage. De lui redonner un peu de ses lettres de noblesse quelque part.

Parce que l’audace ne mérite jamais l’oubli, même quand elle rate son coup.

Alors c’est déjà la fin de l’épisode, mais pas de l’histoire.

Rendez-vous très bientôt pour une prochaine chronique où on secoue les certitudes, on agite les belles idées, et on rit (parfois un peu) quand ça pique.

Inno : Off the Record ! Les chroniques officieuses de l’innovation.

  • De quoi parle l’épisode 1 de Inno: off the record ?

Cet épisode revient sur un naufrage spectaculaire : celui d’un programme d’intrapreneuriat parmi les plus ambitieux jamais lancés en Europe… et pourtant totalement enterré. Une histoire vraie, racontée sans filtre, qui montre comment un projet pensé comme un conte de fées corporate peut se transformer en fiasco organisationnel.

  • Est-ce une histoire réelle ?

Oui. L’histoire est basée sur un cas réel vécu sur le terrain. Le nom de l’entreprise n’est pas cité, certains éléments sont volontairement anonymisés, mais les mécanismes, décisions et conséquences racontés sont authentiques.

  • Pourquoi parler d’un échec plutôt que d’un succès ?

Parce que les échecs racontent souvent autant que les success stories. Cet épisode montre ce qui se passe quand l’enthousiasme, les moyens financiers et le soutien du top management ne suffisent pas à compenser un défaut d’anticipation organisationnelle.

  • Faut-il écouter l’épisode même si l’on ne lance pas de programme d’intrapreneuriat ?

Oui. L’épisode dépasse largement le cadre de l’intrapreneuriat. Il parle de transformation, de décisions collectives, d’angles morts organisationnels et de ce qui arrive quand l’innovation n’est pas pensée comme un système global.

  • Où retrouver la suite des épisodes du podcast Inno: Off the Record ?

Retrouvez Inno: Off the Record sur le site de Yumana et sur toutes les principales plateformes d’écoute : Spotify, Apple Podcasts, Deezer, YouTube, et autres services de streaming audio.

  • Comment être informé(e) des nouveaux épisodes ?

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Présenté par

Céline Degreef

PDG et co-fondatrice de Yumana

Photo de profil de Celine Degreef

Experte en intelligence collective et en gestion des écosystèmes d’innovation, Céline Degreef accompagne depuis plus de 10 ans les entreprises dans la mise en place de dispositifs d’innovation performants.
Cette expérience lui a permis de voir, de près comme de loin, comment les projets d’innovation au sein des entreprises naissent, réussissent et parfois déraillent. En 2025, elle lance son premier podcast, Inno: Off the Record, pour raconter l’innovation autrement.

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