Inno: Off the Record
Bienvenue dans “Inno: Off the Record” : Les chroniques officieuses de l’innovation.
Dans cet épisode 2, Céline Degreef, CEO de Yumana, s’attaque à un mot qui donne des sueurs froides à tout le monde : le reporting.
Ce terme maudit, qui te fait douter de ta vocation et aspire ton âme à la petite cuillère… Mais un jour, L’Oréal a décidé de le transformer en podium glamour, en show qui fait briller les équipes et rêver les collaborateurs.
Bienvenue dans l’histoire incroyable du Beauty Fast Forward : où la créativité et l’audace font du reporting un moteur d’adhésion, et il le vaut bien.
Reporting… le mot est lâché …. et immédiatement, il te donne envie de te rouler par terre en hurlant "JE SUIS PAS VENUE ICI POUR SOUFFRIR OK ? »
Mais tu ne dis rien… et tu souffres. En silence.
C’est un mot qui te plonge direct dans un vide existentiel profond… : « c’est vraiment devenu ça, ma vie ? » Un mot qui te ferait presque oublier qu’un jour tu as été un enfant qui avait des rêves. Un mot capable d’aspirer ton âme à la petite cuillère.
Bon, alors oui, j’exagère sans doute un peu… quoi que. Je suis sûre que ça vous parle aussi.
Le reporting, on a beau savoir qu’il faut le faire et que c’est utile de le faire, personne n’en a envie et on le fait tous à contre-cœur. Un peu comme s’abonner à la salle de sport le 2 janvier.
Mais ça c’était avant que L’Oréal ne débarque : créativité soyeuse, audace en mode volume XXL et idées qui sentent bon la fraîcheur.
Qui un jour s’est dit « et si on rendait ce truc chiant vraiment glamour ? Venez, on lui fait un brushing, on lui met des talons de 12, une robe à sequins et on l’envoie défiler aux 4 coins du globe ! »
Et BIM ! Le Beauty Fast Forward était né : un concours mondial pour permettre à la Division des Produits Grand Public de bénéficier d’une vision 360 sur l’ensemble des initiatives dans le monde. Et qui embarquent les collaborateurs au cœur d’un dispositif hyper festif et fédérateur.
Hé ouais, pendant que toi tu mendies des infos en méditant sur le sens de ta vie, eux, ils font la Montée des Marches.
Bienvenue dans le seul endroit au monde où un reporting est plus sexy que Brad Pitt torse-nu qui te murmure « je t'ai fait couler un bain, bébé » : je t’embarque pour te raconter ce dispositif magistral.
L’histoire commence il y a 9 ans par un besoin de SAVOIR. Cette rétention d'information chronique insupportable, comme quand tu demandes « c'était comment ta soirée ? » et qu'on te répond « bien ». Mais bien comment ? Bien j'ai rencontré Taylor Swift ou bien j'ai mangé des chips devant la ligue des champions ?
Bon. Bah, la direction Produit Grand Public, c’était un peu ça.
Un besoin primordial de faire le point, savoir ce qu’il se passe vraiment en interne, faire circuler l’information. Mais pas facile dans une maison aussi tentaculaire.
Avec pas moins de 45 000 collaborateurs dans la filière et 60 pays au compteur, imaginez un peu identifier, recenser et collecter toutes les actions marketing et commerciales locales… Il y a de quoi s’arracher les cheveux, même quand on s’appelle l’Oréal.
Alors comment fait-on sans risquer de finir aux prud'hommes après 52 « petits rappels amicaux » envoyés à 23h47 le dimanche ?
Et bien on sort le grand jeu… et on mise sur une idée de génie : transformer le besoin de reporting, ce trauma collectif, en Awards sensationnels.
Et parce qu’on est chez L’Oréal, autant te dire que tu peux pas test.
Clairement, nous, quand on dit qu’on a le sens de la fête, on sort les Pringles et on lance une macarena. Eux, ils te lancent un concours mondial ou même Céline Dion et Eva Longoria font coucou en vidéo pour les lancements.
Pourtant le dispositif démarre sur une logique plutôt simple, 5 thématiques, 3 niveaux de sélection et 12 lauréats gagnants, pour à la fois identifier ce qui cartonne dans les pays, capitaliser et répliquer les meilleures initiatives mais surtout: faire briller les équipes en créant un levier de motivation ultra rôdé.
Et là, immédiatement, la machine s’emballe.
Les équipes sont comme des oufs ! Tout le monde se met à rêver des trophées.
Les gens travaillent Beauty Fast Forward, vivent Beauty Fast Forward, respirent Beauty Fast Forward…
Un niveau de dévotion tel que Raël lui-même se serait incliné en disant "Merde, c’est un concours en fait qu’on aurait dû faire, au lieu d'inventer toute cette histoire d'extraterrestre en soucoupe volante. C’était vachement plus simple leur truc."
Et oui, n’est pas L’Oréal qui veut.
Pour avoir une chance d'être champion, les dossiers des équipes sont en béton armé. Ils bichonnent leur candidature :vidéos léchées, des médias additionnels, ils font des storytelling de compet’ : pour gagner ce Trophée, ils sont prêts à tout. J'ai même entendu dire que certains y mettent plus d'efforts que dans l'éducation de leurs enfants.
Alors, je sais que vous vous demandez : mais c’est quoi le secret pour un tel succès ?
Déjà, niveau récompenses, ça vaut le coup de se donner un peu de mal. On est loin du chèque cadeau FNAC, du mug « Super collègue » ou du séminaire dans le Poitou.
Et oui, car ce qui fait le succès du programme, ce sont aussi des prix qui en jettent : la on parle des learning expedition exceptionnelles pour découvrir les innovations de la beauté partout dans le monde.
Jugez un peu : aller-retour pour le CES de Las Vegas, immersion en Corée, escale à Singapour… que du lourd….
Ensuite, parce qu'un trophée c'est bien, mais un trophée remis par des pontes du métier c'est mieux.
Etre validé par des pointures internes et externes, ça donne tout de suite à la victoire un petit goût de consécration, de célébrité et de gloire. Et ça fait toujours son petit effet : tu peux appeler ta mère qui n’a jamais compris ce que tu faisais dans la vie pour lui dire que t’es ENFIN devenu quelqu’un.
Et pour finir, ce qui vient créer une adhésion sans commune mesure autour du programme, c’est évidemment le sponsorship du top management.
Le comex n’a pas hésité pour cela à tomber la chemise, et je le dis bien au sens littéral du terme. A chaque édition il se met en scène dans une vidéo autour d’une thématique spéciale : on a pu les apercevoir en kimono pour le thème JO, en pilotes pour le thème course automobile…
Certains espèrent secrètement qu’un jour le thème sera "natation"… Mais uniquement parce que c’est un sport de rigueur et de coordination. bien sûr, on est des professionnels quand même.
Bon…vous imaginez bien…
Avec un tel dispositif, les résultats sont évidemment à la hauteur :
+ de 3600 utilisateurs engagés
250 dossiers par saisons
60 lauréats
et 12 initiatives primées chaque année.
Bah où est le couac ? Ben en fait y'en a pas. Ils ont réussi à faire d'un besoin initial d’info une œuvre collective, une véritable mine d’or d’initiatives, une vision globale ultra précise de ce qu’il se passe dans tous les pays.
On est passés du mot “reporting” qui donne envie de s’enfiler un Xanax… à un concours où des gens se battent pour participer….
Alors vous allez me dire, oui mais normal. C’est L’Oréal.
Et je vous répondrais non… Ce sont les principes actifs qui font de l’innovation la crème de la crème : la créativité, l’audace et l’intelligence collective qui viennent créer un incroyable relooking sur les sujets les plus ternes.
Et je ne le sais que trop bien : mes clients me sortent souvent le même refrain « ça marchera jamais chez nous » « les sujets sont pas funs » « les gens sont pas moteurs ».
Mais finalement, la recette, elle est pas si compliquée. Elle repose seulement sur 3 ingrédients tout simples mais maîtrisés à la perfection :
récompenses, reconnaissance, gouvernance engagée.
Il n’y a plus qu’à oser j’ai envie de dire.
Car finalement, l’innovation c’est oublier tout ce qu’on croyait savoir, viser grand, et mettre une pincée de folie POUR QUE TOUT SE METTE A BRILLER.
Alors oui, inspirons-nous…puisque le plus beau dans cette histoire, ce n’est pas que L’Oréal l’ait fait.
C’est que l’innovation, quand elle ose enfin le rouge à lèvres, est capable de sublimer tout ce qu’on croyait ordinaire… et c’est pour cela qu’elle le vaut bien.
C’est déjà la fin de l’épisode, mais pas de l’histoire.
Rendez-vous très bientôt pour une prochaine chronique où on secoue les certitudes, on agite les belles idées, et on rit (parfois un peu) quand ça pique.
Inno : Off the Record ! Les chroniques officieuses de l’innovation.
Cet épisode raconte comment un besoin perçu comme rébarbatif, le reporting, a été transformé en un dispositif ultra engageant, festif et stratégique. À travers un cas emblématique, il montre comment rendre désirable un sujet a priori peu attractif grâce à la créativité et à l’intelligence collective.
Oui. Cet épisode fait référence à L’Oréal, et sa Division des Produits Grand Public, connue pour avoir lancé le programme international Beauty Fast Forward afin de transformer le reporting en un dispositif engageant et valorisant.
La transformation du reporting en Awards internationaux. Plutôt que de demander des tableaux et des fichiers, le dispositif a misé sur la reconnaissance, la compétition positive, des récompenses fortes et une mise en scène ambitieuse. Un rôle clé. Le sponsoring actif du COMEX, visible et assumé, a donné une légitimité forte au programme et renforcé l’adhésion des équipes. La gouvernance engagée est l’un des piliers du dispositif.
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PDG et co-fondatrice de Yumana

Experte en intelligence collective et en gestion des écosystèmes d’innovation, Céline Degreef accompagne depuis plus de 10 ans les entreprises dans la mise en place de dispositifs d’innovation performants.
Cette expérience lui a permis de voir, de près comme de loin, comment les projets d’innovation au sein des entreprises naissent, réussissent et parfois déraillent. En 2025, elle lance son premier podcast, Inno: Off the Record, pour raconter l’innovation autrement.